Accueil des réfugié-es : mieux répartir l’effort au niveau national

Intervention de Fatoumata Koné au Conseil de Paris du 12 septembre 2017 relative à l’accueil des réfugiés

Madame la Maire, chers collègues, l’arrivée massive des migrants en France, à laquelle nous sommes confrontés à Paris depuis 2014, nous oblige à adapter notre politique d’intégration. La législation française veut que le parcours d’intégration d’un réfugié en France débute dès que sa demande d’asile est acceptée. Or, celle-ci est un long processus : six mois, souvent plus, les demandeurs d’asile passe en moyenne 13 mois en France avant d’obtenir ou de se voir refuser le statut de réfugiés.

En attendant cette réponse déterminante pour leur nouvelle vie, les réfugiés essayent par leurs propres moyens d’initier leur parcours d’intégration, et de plus en plus de citoyens volontaires ou/et d’associations se mobilisent pour les accompagner. Nous avons d’ailleurs sans doute déjà été témoins de cours de français organisés dans la rue, près de campements ou dans des lieux publics.

Par exemple, le B.A.A.M., créé en novembre 2015, s’est spécialisé dans la coordination et le développement de cours de français sur Paris et l’Ile-de-France, dispensés au sein de lieux publics et locaux associatifs sur Paris et en banlieue.

L’appel à projets « REFUG », visant à financer des actions d’apprentissage du français, vient donc répondre à un réel besoin exprimé par les réfugiés en centres d’hébergement qui, en l’absence d’activités, sont souvent confrontés à l’oisiveté. Il s’agit là d’une réponse innovante à l’accueil des réfugiés, leur permettant d’accéder à un apprentissage de la langue française de manière structurée et pragmatique, dans l’objectif de faciliter leur parcours d’intégration.

On constate alors que citoyens, associations, collectivités, tous les acteurs de la société s’investissent dans une logique de réadaptation de nos politiques d’accueil des réfugiés. Organiser l’accueil et l’intégration des réfugiés demeure indispensable vis-à-vis de la crise que nous traversons depuis plusieurs années, et qui, nous le savons tous, va perdurer. Face à ce grand défi nous devons apporter des réponses humanitaires crédibles.

La nécessité de mieux répartir l’effort d’accueil des réfugiés au niveau national, d’organiser l’offre d’hébergement d’urgence, de réduire les délais d’examen, encore beaucoup trop longs, des demandes d’asile, du positionnement de la police, sont des questions auxquelles nous devons répondre afin de nous permettre de réellement renouer avec la tradition d’accueil et d’intégration de notre pays.

Le Préfet d’Ile-de-France, Michel CADOT, ayant annoncé hier dans la presse l’ouverture de trois centres de pré-accueil de réfugiés de 200 places chacun, avec une ouverture en grande banlieue le 1er octobre, le deuxième à Paris ouvert avant décembre et le troisième en Région parisienne avant le 1er janvier. Nous nous interrogeons sur cette annonce.

Madame VERSINI, vous venez de nous préciser que vous n’avez pas d’informations complémentaires. Nous espérons toutefois que vous reviendrez vers nous rapidement sur des réponses telles que : quoi, où et comment vont se dérouler ces ouvertures ? Pourriez-vous toutefois nous préciser le devenir du C.E.S.A., sa fermeture ayant également été annoncée récemment dans la presse ?

Puisque nous célébrons depuis le début de notre séance l’unanimité de notre Conseil sur de nombreuses délibérations, j’en profite pour interpeller nos collègues du groupe LR.

En effet, si votre positionnement au sein de ce Conseil sur la question de l’accueil des réfugiés s’est révélé constructif, Monsieur BOURNAZEL – vous venez vous-même de le préciser, on ne quitte pas son pays par plaisir -, il n’en va pas de même au sein du Conseil régional. J’en veux pour preuve les dernières déclarations de Valérie PÉCRESSE qui prétend, je cite : « A la fois la Maire de Paris dit qu’elle veut accueillir, donc il y a un appel d’air, et en même temps on voit bien que sa première préoccupation est surtout de déplacer en banlieue les migrants qu’elle ne saurait pas voir dans Paris ». Alors que notre ville a été l’une des premières avec le Maire écologiste de Grande-Synthe, Damien CAREME, à mettre en place un centre de premier accueil, sa déclaration relève d’une mauvaise foi et d’une réelle irresponsabilité aux yeux de tous les connaisseurs du sujet.

Alors, mes chers collègues du groupe LR, je pense que vous avez un travail de plaidoyer à faire sur ce sujet. Vous vous êtes révélés pragmatiques et, dans une certaine mesure, humanistes. Je vous enjoins à convaincre vos collègues du Conseil régional et sa présidente du bien-fondé de ce positionnement.

Merci.

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