Petite Ceinture

Intervention d’Aurélie Solans relative à la Petite Ceinture

Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, nous avançons aujourd’hui vers l’ouverture et l’aménagement de la petite ceinture, avec le vote notamment de la convention de superposition pour les 12e, 19e et 20e arrondissements de Paris. Bonne nouvelle pour les quartiers qu’elle traverse, quartiers souvent très populaires et pour lesquels les besoins sont grands. Espaces de calme, de verdure, de respiration, lieux de convivialité, de loisirs et de découverte de la nature : ouvrir cette friche ferroviaire est une opportunité historique. Nous devons être à la hauteur.

Nous insistions en 2015, lors du vote du protocole-cadre entre la Ville de Paris, S.N.C.F. Réseau et S.N.C.F. Mobilités, sur la petite ceinture ferroviaire en concluant : la petite ceinture doit s’ouvrir aux Parisiens et devenir un laboratoire d’innovation écologique, sociale et citoyenne, pour vivre mieux à Paris.

Alors, oui, aujourd’hui, nous voulons dire nos inquiétudes à voir la part d’activité commerciale prendre le pas sur ce bel espace gratuit et ouvert à tous, attendu au cœur de quartier populaires. Nous voulons insister sur le caractère patrimonial de la petite ceinture, que nous ne devons pas privatiser à tous crins pour des activités réservées à quelques-uns. Bien sûr, nous l’avons dit et redit : nous ne sommes pas opposés à un modèle économique qui laisse place à des activités commerciales, mais elles doivent avant tout s’ancrer dans une recherche de cohérence et d’intérêt général.

Pour la cohérence, je peux prendre un exemple dans mon arrondissement, le 19e : nous travaillons à l’implantation d’une ferme urbaine exemplaire en bordure de petite ceinture. Le projet est vaste, comprend de multiples facettes et pourrait se déployer sur d’autres dimensions, sous les voûtes et le bâtiment désaffecté de la S.N.C.F. de l’autre côté des voies. Nous avons là une opportunité de créer un pôle d’écologie urbaine emblématique et unique à Paris. Pour nous, sur la méthode, il faudra donc un appel à projets thématiques sur ce tronçon.

Dans le même esprit, je veux aussi donner un autre exemple : l’exemple des difficultés liées au projet d’implantation d’une base de travaux de la R.A.T.P. dans le 13e, qui vont pendant plusieurs années rendre impossible tout projet sur un tronçon, avec les dommages inévitables sur la faune et la flore.

Cela m’amène donc à rappeler ce sur quoi nous nous sommes accordés au moment de la rédaction du plan programme, et qui est incontournable pour nous : d’abord, la préservation de la biodiversité et la prise en compte du rôle de corridor écologique. Ces principes doivent être des prérequis à tout aménagement. Pour nous, écologistes, c’est un vrai point de vigilance. Selon le Schéma régional de cohérence écologique d’Ile-de-France, elle est indispensable à la vitalité de la biodiversité parisienne. Sur ce point, nous attendons plus de garantie, y compris sur le savoir-faire.

Ensuite, l’accessibilité, qui doit être prise en compte dans chaque aménagement. Il est important que la petite ceinture, qu’elle soit en tranchées, en tunnel ou aérienne, reste ouverte à tous et toutes. La palette des aménagements devra répondre aux besoins, en particulier à ceux des enfants et des adolescents dans la ville dense qui est la nôtre. Là encore, nous ne sommes pas opposés à des projets privés qui, à la marge, viendront abonder des investissements pouvant être coûteux, sans brader notre bien commun à des intérêts particuliers. Soyons pragmatiques et regardons projet par projet.

En outre, la linéarité, qui est une des caractéristiques majeures de la petite ceinture, c’est un des potentiels les plus précieux qu’elle offre. Pour préserver la continuité de la future promenade, il ne peut y avoir d’espaces totalement privatisés.

Enfin, ce sera mon dernier point : l’équilibre des activités. Si nous comprenons que le modèle économique doit être viable, nous sommes vigilants sur la place qui sera accordée aux activités strictement commerciales. Les fonctions culturelles, sociales, environnementales et pédagogiques des aménagements doivent aussi être au rendez-vous. En un mot : ne passons pas à côté d’opportunités d’implantation de projets à plus-value culturelle et sociale.

A l’aune de ces principes, nous vous avons alertés sur le troisième article du délibéré que nous votons ici. A travers le groupement de commandes dont nous adoptons le principe, la Ville et la S.N.C.F. se doteront d’une A.M.O. qui les assistera pour élaborer – je cite – une stratégie de valorisation commerciale et marketing à partir de l’identité de la marque « petite ceinture » et l’analyse qualitative et quantitative des business plans.

Nous accueillons donc très favorablement l’amendement de l’Exécutif qui vient préciser utilement le cadre politique dans lequel on se situe, sur trois points importants :

Un : le socle des objectifs du plan programme, qui est rappelé, appuyé par les propositions des chantiers participatifs, un équilibre des usages et entre les activités de l’économie sociale et solidaire, d’économie circulaire, d’agriculture urbaine et les autres activités commerciales.

Deux : une participation des élus en commission des concessions, qui sauront présenter les projets des contrats d’occupation de la petite ceinture.

Et puis, troisièmement : la continuité piétonne qui sera assurée. Les aménagements pour ouvrir se font attendre. Nous sentons comme une impatience dans les quartiers concernés.

Nous voterons favorablement, avec tous les points de vigilance sur la préservation de ce beau patrimoine, ainsi que sur les services que son ouverture pourra rendre.

Notre détermination, qui ne date pas d’hier, à ouvrir aux Parisiennes et aux Parisiens ce véritable poumon vert dans notre ville est intact.

Je vous remercie.

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