Salon Autonomy : la mobilité urbaine de demain à la Villette

Du 19 au 21 octobre 2017, s’est déroulé à la Grande Halle de la Villette, le salon Autonomy, événement annuel unique réunissant tous les acteurs qui agissent au profit d’une mobilité urbaine plus durable.

Les différents professionnels du secteur ont pu se rencontrer et dialoguer pour trouver ensemble des solutions innovantes.

Si les deux premiers jours étaient réservés aux professionnels, le samedi, les visiteurs ont pu découvrir les dernières innovations en matière de déplacements (voitures électriques et autonomes, vélos électriques, hoverboard, e-scooters,application de mobilité partagée etc.). Des pistes en intérieur et extérieur étaient disponibles pour tester ces nouveaux modes de transport.

Aurélie Solans, Conseillère de Paris déléguée à l’environnement, représentait la Mairie de Paris lors de ce salon.

Dans son discours d’ouverture, elle a salué l’initiative de réunir les entreprises et les décideurs publics pour favoriser les synergies et l’émergence d’une communauté d’acteurs. Face à de tels enjeux climatiques et sanitaires, tous les professionnels doivent travailler ensemble pour accélérer la transition vers des mobilités plus intelligentes.

Plan Cimat air énergie, création de 700 kilomètres supplémentaires de pistes cyclables avec le Plan Vélo, rééquilibrage de l’espace public au profit de tous les usagers, développement des transports en commun, hausse du covoiturage, transformation du périphérique en boulevard urbain, la Ville de Paris est pleinement engagée dans la promotion des modes de déplacements moins polluants.

Tous ces projets doivent permettre d’atteindre les objectifs ambitieux fixés par la Mairie de Paris :  « ville 1,5 degré », ville neutre en carbone et avec 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050.

 

Discours d’Aurélie Solans, Conseillère de Paris déléguée à l’environnement lors de l’ouverture du Salon Autonomy

 

« Bonjour à toutes et à tous,

A nouveau, nous sommes heureux d’accueillir « Autonomy » à Paris, et d’être à nouveau partenaire de cet évènement. Avec cet objectif de premier plan que de rassembler urbains, entreprises et décideurs publics autour des mobilités urbaines, avec cette ambition d’accélérer la transition du tout-voiture vers une mobilité urbaine intelligente et durable, notre partenariat avec ce sommet coulait de source.

Nous sommes là au cœur des enjeux et des défis à relever en milieu urbain. Nous sommes au cœur de des enjeux et des défis que Paris, à l’image de bien des grandes villes du monde, entreprend de relever depuis 15 ans.

  • Ces enjeux sont tout d’abord climatique, et c’est bien dans le cadre de la stratégie que Paris est en train de se doter pour traduire en actions les accords sur le Climat de la COP21 que nous souhaitons impulser une vraie révolution des mobilités.

Objectif : « Ville 1 degré 5 » avec un nouveau plan climat air energie pour dessiner une ville neutre en carbone et 100% énergies renouvelable à l’horizon 2050.

C’est le fil rouge aujourd’hui de nos politiques mobilités. C’est un impératif absolu, ET pour préparer l’avenir, ET pour faire face, dès aujourd’hui aux conséquences.

C’est le fil que nous déroulons pour imaginer la ville de demain, dès aujourd’hui.

Renouveau urbanistique, logistique, sociétal avec le travail, la vie sociale, les solidarités bien sur au cœur de la réflexion, Paris, comme toutes les grandes villes du monde, est en première ligne.

Les évolutions doivent être structurelles, systémiques, culturelles.

Le renouveau des mobilités s’intègre dans cette complexe transformation à l’œuvre dans notre ville. Sous l’impulsion depuis 15 ans d’une politique volontariste en faveur des transports en commun, de la réduction de la place de la voiture individuelle et de la création de pistes cyclables les émissions de gaz à effet de serre des déplacements ont chuté. Mais pour autant, l’héritage de la politique tout-voitures du 20e siècle ramène encore le trafic routier au tiers des émissions de gaz à effet de serre et à plus de la moitié des émissions des principaux polluants.

Cet héritage marque encore profondément le tissu urbain, les modes de vie et aussi bien sur les imaginaires. La mobilisation de toutes et tous est donc incontournable. Elle sera un des piliers de notre futur plan Climat pour Paris. Elle est déjà bien à l’œuvre et très fortement perceptible dans le monde entier. Elle est bien présente ici avec ce sommet.

  • Et puis, enfin, ces enjeux sont des enjeux sanitaires de premier plan. Un chiffre-clé, un chiffre qui appelle à la prise de conscience et à l’action : La pollution de l’air cause encore plus de 500 000 morts par an en Europe, selon l’agence européenne de l’environnement.

L’Ile-de-France est particulièrement exposée, avec 95% de la population surexposée aux particules fines. La pollution de l’air constitue aujourd’hui le premier stress sanitaire pour les parisiens, équivalent à l’alcool et le tabac.

Les conséquences sur la santé et le bien-être sont multiples et graves, avec des effets immédiats lors des pics de pollution, et aussi, c’est l’impact sanitaire le plus important, des effets de moyens et longs termes dus à une exposition répétée et continue.

Au vu de la place qu’occupe le trafic routier dans ce scandale sanitaire, le renouveau des mobilités est bien au cœur des solutions du futur.

Et il a déjà bien commencé. Je veux rappeler qu’à Paris, 47 % des déplacements sont effectués à pied. Après la marche, viennent les transports en commun que nous continuons à développer et qui représentent trois fois plus que la voiture qui ne représente que 11 % des déplacements quotidiens. 63 % des ménages parisiens n’ont ainsi pas de voiture et dans certains arrondissements, cette proportion dépasse les 70 %.

La pratique du vélo est en constante augmentation, avec une politique volontariste qui prend forme avec un plan vélo ambitieux qui va mailler durablement le territoire.

Les solutions se construisent, pas à pas, à l’échelle métropolitaine, c’est incontournable, avec le très bel exemple du vélib métropolitain qui va renouveler l’offre de vélos en libre-service, avec par exemple 30% de vélos à assistance électrique. L’auto partage, le covoiturage s’installent dans les habitudes. Avec le réseau de transport en commun, nous disposons d’un panel de solutions.

Nous sommes désormais doté d’un le plan d’amélioration de la qualité de l’air avec la mise en place d’une zone à basse émission qui s’appuie sur les fameuses vignettes CritAir.

Avec le réaménagement de places en cours, la piétonisation d’espaces emblématiques comme les berges de notre fleuve, une réduction des espaces réservés à a voiture pour mieux partager l’espace public et un maillage toujours plus performant de transports collectifs, nous avançons vers une ville moins polluée et aussi plus agréable, plus apaisées, beaucoup beaucoup moins bruyante qui laisse place à chacun et répond aux besoins fondamentaux, aux besoins de liens social, d’activité physique, de loisirs.

Les mobilités actives sont adoptées par de plus en plus de catégories de la population. La mobilité devient usage, activité, service. Nous entrons bien dans une phase active de solutions durables qui répondent aux enjeux, y compris économiques et ouvre sur un imaginaire urbain nouveau respirable, sur, agréable et partagé.

Je veux terminer sur les perspectives concrètes que nous nous donnons à l’horizon 2030 qui vont transformer durablement les mobilités : l’ambition d’aller vers un objectif Paris sans véhicules thermiques diesel d’abord, puis essence.

Rendre Paris 100% cyclable avec un abaissement de la vitesse à 30 km /heure.

Ou encore S’engager dans la transformation du périphérique en boulevard urbain (nous avons là le plus grand hub autoroutier d’Europe en plein cœur urbain, infrastructure la plus polluante d’Ile-de-France).

Il va falloir nous le savons nous engager dans l’émergence de nouvelles infrastructures, en particulier pour prendre une part active au développement de la voiture électrique. L’arrivée des véhicules autonomes dessine des pistes sérieuses sur lesquelles bien sur Paris va être particulièrement attentif en terme d’opportunité, ainsi qu’à l’essor des mobilités partagées, de plus en plus connectées, ainsi qu’à l’intermodalité. Il va falloir la créativité de toutes et tous, de l’engagement des pouvoirs publics, et surtout de l’ensemble de la société, acteurs économiques, éducatifs, associatifs, citoyens.

Je veux donc particulièrement saluer la tenue de ces journées qui favorisent l’émergence d’une communauté d’acteurs, et remercier l’ensemble des participants, tous les conférenciers, qui vont apporter un éclairage précieux, se mobilisent et vont donner à voir et à découvrir pendant ces journées sur la mobilité urbaine en mouvement. Paris sera bien présent avec un stand, et je salue nos agents qui vont l’animer. Christophe Najdovski, maire adjoint à la maire de paris aux transports, sera présent aussi pour la remise du prix de l’opération « 3 semaines sans ma voiture » cet après-midi. Je veux finir en remerciant bien sur les organisateurs et vous souhaite à toutes et tous des journées riches et instructives. »

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