Lettre ouverte à François Dagnaud

Le 17 mars dernier au 9 rue de Nantes, la pelleteuse d’un promoteur privé, déracinait un Prunellier. Cet arbre poussait sur une parcelle attenante à celle visée par le permis de construire d’un bâtiment de bureaux de 6 étages et 1200 m2 devant accueillir une entreprise composée d’une centaine de salarié.e.s dans le secteur de l’informatique.

La nature du chantier, très contestable, de densification du cœur d’un îlot d’habitation, a déjà été dénoncé, à plusieurs reprises, par le Groupe des élus écologistes et citoyens du 19e.
La recherche par les promoteurs, du moindre arpent à valoriser, mène à une sur-densification dans une ville déjà parmi les plus denses du monde.

Ce projet qui a rencontré l’hostilité des habitant.e.s attaché.e.s à ces espaces de respiration dans la ville, est malgré tout allé de l’avant. Sans aucun respect pour le tissu racinaire ou les arbres de la parcelle voisine, les machines se sont mises en branle et ont provoqué l’incident.

Le Prunellier déraciné est tombé.

Or la place de l’arbre est un choix de société.

Les parisien.ne.s sont très attaché.e.s à leurs arbres. La prise de conscience du dérèglement climatique et l’accentuation de canicules estivales ont renforcé l’attention portée à  chaque arbre.

Alors que l’écologie a été au cœur de la dernière campagne des municipales, que les électeurs ont plébiscité l’orientation écologiste que veut prendre la Ville de Paris et le 19e arrondissement, on assiste encore à des projets immobiliers, qui pour bétonner et densifier, coupent ou arrachent toujours plus d’arbres en de multiples endroits. 

Les permis de construire validés lors de la dernière mandature, qui ne prennent pas en compte la protection des arbres appartiennent à une époque révolue qui tarde à disparaître. Il faut prendre des mesures immédiates, et ne pas laisser perdurer cette situation au risque d’accentuer le mécontentement justifié des habitant.e.s qui réclament une meilleure protection des arbres et de la nature en ville.

Des habitant.e.s et riverain.ne.s des 7, 9 et 13 rue de Nantes, du 28 rue de l’Ourcq ainsi que des élu.e.s et militant.e.s écologistes se mobilisent maintenant pour bloquer le chantier en cours. Qu’importent les conséquences pour le promoteur, ce matin ils sont à pied d’œuvre, pour s’opposer par leur seule présence, aux machines.

La nouvelle charte de l’arbre, qui sera prochainement présentée au Conseil de Paris, devrait proposer un barème de compensation des arbres abattus en fonction de leur remplacement à proportion de l’indice de canopée perdu. Néanmoins, nous pensons qu’avant même de compenser, notre premier devoir est de préserver cette nature en ville.

Monsieur le Maire, nous exigeons l’arrêt des travaux au 7 rue de Nantes afin que :

  • Soit étudiées les conditions du chantier après la chute du Prunellier, mercredi 17 mars 2021 et que la préservation du reste de la flore présente sur la parcelle du 9 rue de Nantes, notamment des autres arbres encore debout soit garantie ;
  • Les dédommagements attendus suite à l’atteinte d’une parcelle qui ne fait pas partie du permis de construire délivré soit fixés ;
  • La compensation de l’arbre abattu par le replantage d’arbres à indice de canopée égale soit assurée.

Depuis la chute du Prunellier, le chantier semble continuer dans un grand chaos en ce qui concerne la sécurité des habitant.e.s de l’immeuble du 7 rue de Nantes. Le porche est partagé en deux, ouvert 24h sur 24h, les habitant.e.s, ouvriers et lourds matériels se croisent sans distance de sécurité suffisante. Les habitant.e.s y voient de graves manquements à leur sécurité ainsi qu’à celles des riverain.ne.s et s’interrogent sur le protocole : que se passerait-t-il si les secours étaient appelés à intervenir ?

De plus, une grue va probablement être mise en place et devrait survoler des habitations avec des charges. Les habitant.e.s s’interrogent sur les autorisations et la sécurité de cette manœuvre.

Ces pratiques d’un autre temps sont maintenant obsolètes, partout en France la nature continue de reculer. Le temps est venu de mettre fin à ce recul.

Le temps est venu pour les promoteurs de comprendre que les permis de construire délivrés ne sont pas une carte blanche autorisant le non-respect des règles et des citoyen.ne.s.

Pour toutes ces raisons, nous portons également la demande du conseil syndical de l’immeuble qui souhaite obtenir une expertise sécurité, par exemple de la part des services des pompiers de Paris, afin d’évacuer tout danger et de garantir la sécurité des citoyen.ne.s quotidiennement exposé.e.s à ce chantier.

L’intervention de la collectivité est donc indispensable pour protéger ses habitant.e.s.

Commençons dans le 19e arrondissement par le cœur d’îlot des 7 et 9 rue de Nantes.

Le Groupe Écologiste et Citoyen du 19e arrondissement

crédit photo : FNE Paris.

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