Porte de la Villette : éco-quartier et place du Grand Paris

Intervention de Sophie Minday, lors du Conseil d’arrondissement du 12 septembre 2017, sur le lancement opérationnel du projet de renouvellement urbain Porte de la Villette.

Dans une question écrite posée à la Maire de Paris en mars 2016, nos conseillères de Paris Aurélie Solans, Fatoumata Koné et les élus écologistes s’interrogeaient sur la réalité des ambitions de « reconquête urbaine » de la Porte de la Villette.

Nos représentantes au Conseil de Paris questionnaient notamment l’acceptabilité par les habitants d’une intervention artistique financée dans le cadre du budget participatif dans un contexte urbain marqué par un sentiment d’abandon, où il semble parfois que les fonctions urbaines basiques ne sont pas assurées.

Nous nous réjouissons par conséquent de l’ambition portée par la présente délibération. Avec le lancement d’une consultation en vue de retenir une équipe d’urbanistes chargée des études sur le secteur de la Porte de la Villette, avec aussi l’engagement prochain de la phase d’information et concertation préalable à la création d’une ZAC, on entre véritablement dans la phase de préfiguration opérationnelle du projet urbain de réaménagement en profondeur de la Porte de la Villette.

A cet égard, nous souhaiterions revenir sur les grands principes du projet d’aménagement la Porte de la Villette, dont la délibération DU 55 nous rappelle qu’il s’agit de :

  • La restauration d’une continuité urbaine entre Paris et les communes limitrophes (Pantin et Aubervilliers en l’occurrence)
  • La production de logements pour tous publics, ainsi que le développement d’activités économiques dans le cadre de l’Arc de l’innovation du Grand Paris
  • La transformation du rond-point routier de la Place Auguste Baron en un lieu de destination et non plus de transit
  • L’amélioration du confort du site notamment par des liaisons urbaines repensées pour les circulations douces
  • La mise-en-œuvre du projet dans le cadre d’une (je cite) « démarche environnementale ambitieuse, poussée et exemplaire »

Sur le premier principe, nous souscrivons bien entendu à la logique de continuité urbaine mais rappelons un frein important jamais évoqué dans la délibération : la présence du boulevard périphérique qui vient couper la place Auguste Baron en surplomb !

La reconquête et la valorisation en profondeur de la Porte de la Villette ne pourra se réaliser sans la transformation profonde du Périphérique, dont nous rappellerons qu’elle a fait l’objet d’un vœu adopté par le Conseil de Paris de juillet 2016 demandant son déclassement du réseau national et sa transformation en « boulevard urbain ».

Concernant la production de logements, bureaux et activités économiques, il est évident que la Porte de la Villette, avec ses nombreuses emprises aujourd’hui délaissées (dont le terrain ex-Préfecture de police et les emprises massives de la SNCF) constitue un potentiel de développement et de constructibilité aujourd’hui très rare à Paris et en Petite couronne. N’oublions pas pour autant les objectifs environnementaux affichés dans la délibération, qui mentionne la « requalification de la ceinture verte autour de Paris » et la « restauration des continuités écologiques ».

A notre sens, une façon non pas d’intégrer, mais de poser la démarche environnementale en préalable au projet serait de prévoir le développement de logements et d’activités dans le cadre d’un Eco-quartier, dont le cahier des charges est suffisamment fort et contraignant.

Nous souhaiterions en outre que la notion de « continuités écologiques » se matérialise dès les premières phases d’études par le tracé de parcours verts. On pourrait ainsi imaginer une prolongation de la forêt linéaire développée le long du quartier Rosa Parks.

Je vous remercie de votre attention.

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